En ce moment, il finalise le tournage du nouveau Yann Moix. Cinéman pourrait lui ouvrir de nouvelles portes car l'acteur y remonte l'histoire du cinéma, de film en film, de genre en genre. De Sissi à Buster Keaton, en passant par le Robin des Bois d'Errol Flynn, Tarzan de Johnny Weissmuller ou Taxi Driver, façon De Niro, traversant westerns, films de cape et d'épée, films d'horreur, péplums ou muets. Via une photo sur son GSM, l'acteur nous montre sa transformation en Clint Eastwood, version Sergio Leone. Métamorphose saisissante.
Apparemment, vous êtes comme un caméléon dans ce film ?
Oui. Mais on ne change pas le visage, on marque juste un peu plus les traits de manière subtile. Cela me force à me rapprocher des personnages originaux. J'ai donc regardé beaucoup de films, non pas pour copier mais pour m'inspirer. Mon personnage, petit prof de math propulsé dans les films, agit par mimétisme. Il faut donc trouver le juste équilibre. Mais j'ai aussi une équipe de coiffure maquillage étonnante.
Devenir Tarzan, Robin des Bois, Zorro... c'est un jeu d'enfant ?
Exactement. Dans mon prochain spectacle, je dis à un moment : « Je suis un cow-boy. Je ne joue pas. » Je ressens vraiment ça sur ce tournage. Avoir une winchester à la main, je suis un cow-boy, c'est instinctif. Ce même instinct qu'on a enfant quand on joue. J'ai attendu 44 ans pour avoir ça. Là, je goûte à tout !
Quelles sont les exigences de Yann Moix ?
Il m'a demandé de regarder des films pour m'imprégner de l'univers. Il me demande aussi de gommer Franck Dubosc pour le retrouver quand on en a besoin. Dans Cinéman, j'ai vraiment l'impression de me découvrir. Je me rends compte que je peux utiliser mon physique autrement que pour faire rire. Je joue autre chose en utilisant ce que je sais faire. Donc, je fais appel à une plus grande palette de jeu. Je fais des choses plus risquées. J'ai vu que je pouvais être un méchant. Cela donne envie de chercher d'autres choses encore inexploitées en moi.
Comment définiriez-vous « Cinéman » par rapport à vos autres films ?
Les films sont comme des rampes de lancement. Chaque film m'amène des choses nouvelles et grâce à ça, j'avance. Aujourd'hui, je suis un acteur. Je n'ai pas peur de le dire. Mes rôles précédents n'étaient pas si faciles que ça car il est difficile de se moquer de soi. Mais avec Cinéman, j'ai un rôle plus complexe et, du coup, plus jubilatoire. Yann me fait confiance comme acteur. Il m'a dit : « Tu peux être au-delà de l'acteur comique. »
Donc aujourd'hui, vous vous sentez plus sûr de vous ?
J'ai évacué mes doutes avec le one-man-show. Le public m'a aidé. En cinéma, il faut plus de temps. Car les millions de spectateurs de Camping sont une immense récompense mais cela n'enlève pas les doutes. Au contraire, ils me forcent à être de mieux en mieux. C'est mon énergie.